Urbanisme

Urbanisme à Manosque : où en sont les grands projets qui vont transformer la ville en 2026

Urbanisme à Manosque : où en sont les grands projets qui vont transformer la ville en 2026
Manosque en Haute-Provence, ville du Luberon

Manosque change. Pas brutalement, pas du jour au lendemain, mais pour qui connaît la ville depuis dix ou quinze ans, la transformation est visible (voir aussi : coupure d'eau prévue quartier saint-lazare :). De nouveaux immeubles poussent le long de la D4096 en direction de Pierrevert, le parking du Mont d'Or a été refait, et des grues se dressent au-dessus du quartier de La Rochette. En ce début 2026, plusieurs chantiers majeurs sont en cours ou sur le point de démarrer. Tour d'horizon.

L'écoquartier Durance : 450 logements et un parc de 3 hectares

C'est le projet urbanistique le plus ambitieux de Manosque depuis la construction du quartier des Plantiers dans les années 1970. L'écoquartier Durance, situé entre la route de Valensole et les berges de la rivière, va accueillir à terme 450 logements — un mélange de collectifs R+3 (pas plus de trois étages au-dessus du rez-de-chaussée, ce qui est cohérent avec le gabarit de la ville), de maisons individuelles groupées et de logements sociaux. (voir aussi : éco-quartier de la durance : le)

Les premiers coups de pioche ont été donnés en septembre 2025, et les travaux de viabilisation — voirie, réseaux, assainissement — sont en cours. Les fondations des deux premiers bâtiments collectifs, qui totaliseront 64 appartements, devraient sortir de terre d'ici fin avril (voir aussi : déchetterie et tri des déchets à manosque : guide pratique). La livraison de cette première tranche est prévue pour le deuxième semestre 2027.

Le maître d'ouvrage, la SAEM Manosque Habitat, insiste sur la dimension environnementale du projet. Tous les bâtiments seront au minimum en classe énergétique A, avec panneaux solaires en toiture, pompes à chaleur collectives et récupération des eaux pluviales pour l'arrosage des espaces verts. Un parc paysager de 3 hectares, accessible à tous, fera la liaison entre le quartier et les berges de la Durance. Des noues végétalisées remplaceront les caniveaux traditionnels pour la gestion des eaux de ruissellement.

Point important pour les futurs acquéreurs : 30 % des logements seront en accession sociale à la propriété, avec des prix plafonnés à environ 2 800 euros le m² — nettement en dessous du marché manosquin, qui tourne autour de 3 300 euros le m² en moyenne pour du neuf. Les dossiers de candidature seront ouverts à l'automne 2026 auprès de Manosque Habitat.

Le centre-ville piéton : phase 2 en cours

La piétonisation progressive du centre historique de Manosque, engagée en 2023 avec la rue Grande, entre dans sa deuxième phase. Depuis janvier 2026, la rue Guilhempierre et la place de l'Hôtel-de-Ville sont fermées à la circulation automobile de 10 heures à 22 heures, du lundi au samedi. Le dimanche, la zone piétonne s'étend jusqu'à la porte Saunerie.

Les réactions sont mitigées, il faut le reconnaître. Les restaurateurs et les boutiques de la rue Guilhempierre se déclarent majoritairement satisfaits — la fréquentation piétonne a augmenté de 25 % selon un comptage réalisé par la mairie en février. En revanche, certains commerçants de la rue Grande, déjà piétonne, estiment que la phase 2 a « dilué » le flux de chalands sans l'augmenter globalement.

Le point de friction principal reste le stationnement. La suppression de 45 places de parking sur la place de l'Hôtel-de-Ville a été compensée par l'ouverture de 60 places supplémentaires au parking Soubeyran, à 300 mètres de la porte éponyme. Mais pour les habitants du centre qui n'ont pas de garage privatif, la situation est tendue. La mairie étudie la création d'un parking-silo de 200 places boulevard des Tilleuls, mais le projet en est au stade des études de faisabilité.

Malgré ces ajustements, la direction générale est claire : le centre historique de Manosque a vocation à devenir majoritairement piéton d'ici 2028. La phase 3, prévue pour 2027, concernerait la place Marcel-Pagnol et la rue de la Poissonnerie. Un budget de 1,2 million d'euros est inscrit au plan pluriannuel d'investissement de la commune pour la réfection des revêtements de sol, le mobilier urbain et la végétalisation des espaces libérés par le stationnement.

Zone d'activités de Saint-Maurice : 5 hectares supplémentaires

L'économie manosquine repose en grande partie sur le centre CEA de Cadarache et le projet ITER, qui emploient directement ou indirectement plusieurs milliers de personnes dans le bassin de vie. Mais la ville cherche à diversifier son tissu économique, et l'extension de la zone d'activités de Saint-Maurice est un levier clé de cette stratégie.

La communauté d'agglomération DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a acquis fin 2025 un terrain de 5 hectares jouxtant la zone existante, côté est, le long de la D4096. L'aménagement — parcelles viabilisées de 1 000 à 5 000 m², voirie, fibre optique, éclairage LED — sera achevé d'ici septembre 2026.

Trois entreprises ont déjà réservé des parcelles. La plus notable est un sous-traitant d'ITER spécialisé dans la métrologie, qui va transférer son siège social de Pertuis à Manosque et créer une quinzaine d'emplois qualifiés. Les deux autres sont une entreprise de logistique du dernier kilomètre (e-commerce) et un atelier de maintenance de véhicules électriques. DLVA affiche un objectif de 80 emplois créés sur la zone à horizon 2028.

Le prix de vente des terrains a été fixé à 55 euros le m² HT, un tarif compétitif par rapport à Aix-en-Provence (120-150 euros) ou Pertuis (75-90 euros). « On ne peut pas rivaliser avec Aix sur les services aux entreprises, mais on peut offrir un foncier accessible, une qualité de vie pour les salariés et une proximité avec Cadarache qui est un vrai atout », explique la chargée de développement économique de DLVA.

Le pôle santé de La Rochette prend forme

Le quartier de La Rochette, au nord de la ville, accueille depuis plusieurs années une dynamique santé — clinique, pharmacie, laboratoire d'analyses. En 2026, cette dynamique s'accélère avec la construction d'un pôle santé regroupant une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) et un centre de rééducation fonctionnelle.

La MSP, dont l'ouverture est prévue pour janvier 2027, regroupera 6 médecins généralistes, 4 infirmières, 2 kinésithérapeutes, 1 orthophoniste et 1 psychologue. Le projet est porté par un collectif de soignants manosquins qui se sont constitués en SISA (société interprofessionnelle de soins ambulatoires). L'enjeu est de taille : Manosque, comme beaucoup de villes moyennes, souffre d'une pénurie de médecins généralistes. Le ratio actuel est de 7 généralistes pour 23 000 habitants, contre une moyenne nationale de 9 pour la même population. La MSP, en mutualisant les locaux et le secrétariat, devrait permettre d'attirer de jeunes médecins que l'exercice isolé en cabinet rebute.

Le centre de rééducation, lui, est un projet privé porté par un groupe de santé régional. Il proposera 40 places en hospitalisation complète et 20 places en hôpital de jour, spécialisé dans la rééducation post-opératoire et les pathologies musculo-squelettiques. Début des travaux prévu en juin 2026, ouverture fin 2027. Une cinquantaine d'emplois sont annoncés — soignants, administratifs, logistique.

Mobilité : le réseau de bus repensé

Dernier chantier en cours, moins visible mais qui concerne le quotidien de milliers de Manosquins : la refonte du réseau de bus urbain. Le réseau Transagglo, géré par DLVA, a été restructuré au 1er janvier 2026 avec trois lignes principales au lieu de cinq, mais des fréquences renforcées — un bus toutes les 15 minutes en heure de pointe sur la ligne 1 (Manosque centre — Cadarache), contre 30 minutes auparavant.

Une ligne nouvelle, la « navette centre », fait la boucle entre le parking Soubeyran, la place de l'Hôtel-de-Ville, la gare routière et le parking du Mont d'Or toutes les 10 minutes de 9h à 19h. Gratuite pour tous, elle vise à compenser la réduction du stationnement en centre-ville et à faciliter l'accès aux commerces pour les habitants des quartiers périphériques.

Côté vélo, une piste cyclable reliant le centre-ville à la zone de Saint-Maurice (3,5 km) est en travaux depuis novembre 2025. L'achèvement est prévu pour mai 2026. Une fois opérationnelle, elle permettra aux salariés de la zone d'activités de rejoindre le centre-ville en 12 minutes, sur un itinéraire sécurisé et éclairé. Un système de vélos en libre-service — 50 vélos répartis sur 8 stations — devrait être déployé dans la foulée, en partenariat avec un opérateur privé.

Manosque n'est plus tout à fait la petite ville provençale tranquille que décrivait Jean Giono. Elle grandit, se modernise, attire de nouveaux habitants — sa population a dépassé les 23 000 habitants au dernier recensement, un record. Le défi, pour les années qui viennent, sera de concilier cette croissance avec la préservation de ce qui fait le charme de la ville : son centre historique préservé, ses paysages de collines, et cette douceur de vivre très particulière du sud Luberon.

Suivez l'évolution des projets urbains à Manosque dans notre rubrique urbanisme, et retrouvez notre article détaillé sur le projet d'écoquartier Durance.

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