Culture

Jean Giono et Manosque : sur les pas de l'écrivain en Haute-Provence

Jean Giono et Manosque : sur les pas de l'écrivain en Haute-Provence
Événement culturel et patrimoine à Manosque

Giono, l'enfant de Manosque

Jean Giono est né à Manosque le 30 mars 1895 et y est mort le 9 octobre 1970. Entre ces deux dates, il aura écrit une trentaine de romans, des essais, des scénarios, sans presque jamais quitter sa ville natale (voir aussi : festival les correspondances de manosque :). Manosque n'est pas seulement le décor de son œuvre : c'est son personnage principal, transfiguré par une plume qui a su rendre universelles les collines de Haute-Provence.

Le Paraïs : la maison de Giono

Le Paraïs (du provençal « paradis ») est la maison où Giono a vécu de 1930 à sa mort. Située sur les hauteurs de Manosque, montée des Vraies Richesses, cette bastide provençale domine la ville et offre une vue qui porte jusqu'aux Préalpes de Digne. (voir aussi : cinéma le lido et le luberon)

La maison est aujourd'hui un lieu de mémoire géré par l'association Les Amis de Jean Giono. On y visite son bureau, resté en l'état, avec sa machine à écrire, ses pipes, ses livres et les grandes fenêtres qui donnent sur les collines (voir aussi : vieille ville de manosque : circuit). C'est dans cette pièce qu'il a écrit « Le Hussard sur le toit », « Un roi sans divertissement » et tant d'autres.

Le jardin du Paraïs, planté d'oliviers et de cyprès, est un lieu de paix qui invite à comprendre pourquoi Giono n'a jamais voulu vivre ailleurs. On y sent la Provence telle qu'il la décrivait : lumineuse, odorante, minérale.

Visites : sur réservation auprès de l'association (04 92 87 73 03), du mardi au samedi. Tarif : 5 euros. La visite dure environ 1 heure.

Les lieux de la ville

Un parcours balisé par des plaques en bronze permet de suivre les pas de Giono dans la vieille ville :

  • Rue Grande : Giono y a grandi, au-dessus de l'atelier de cordonnerie de son père. Une plaque signale l'emplacement au numéro 1.
  • Place de l'Hôtel de Ville : c'est là que le jeune Jean travaillait au Comptoir d'Escompte, la banque où il fut employé de 1911 à 1929 avant de se consacrer à l'écriture.
  • Place du Terreau : décor de scènes de marché dans plusieurs de ses romans, notamment « Colline » et « Jean le Bleu ».
  • Le lavoir couvert : mentionné dans « Jean le Bleu », son roman le plus autobiographique.

Les collines : décor vivant de l'œuvre

Les collines autour de Manosque sont indissociables de l'univers gionien. Le Mont d'Or, qui surplombe la ville au nord, est le premier horizon que Giono voyait depuis le Paraïs. C'est un condensé de garrigue provençale : chênes verts, thym, romarin, pierres blanches.

Le plateau de Valensole, à l'est, a inspiré les vastes étendues de « Que ma joie demeure ». Les champs de lavande et de blé, les fermes isolées, les ciels immenses : tout y est.

Contadour, petit hameau perché à 1 000 mètres d'altitude sur la montagne de Lure, fut le lieu des « rencontres de Contadour » dans les années 1930, où Giono réunissait des intellectuels autour d'un idéal de vie simple et pacifiste. Le lieu reste accessible par une route de montagne et conserve l'austérité qui avait séduit l'écrivain.

Le Centre Jean Giono

Installé boulevard Élémir-Bourges, le Centre Jean Giono est un espace culturel dédié à l'œuvre et à la mémoire de l'écrivain. Il propose :

  • Une exposition permanente sur la vie et l'œuvre de Giono
  • Des expositions temporaires thématiques
  • Une médiathèque spécialisée avec manuscrits, correspondances et éditions rares
  • Des conférences et projections tout au long de l'année

Horaires : mardi au samedi, 9h30-12h et 14h-17h30. Entrée libre.
Contact : 04 92 70 54 54

Les Correspondances de Manosque

Chaque année en septembre, le festival littéraire Les Correspondances de Manosque rend hommage à l'héritage de Giono en transformant la ville en salon de lecture à ciel ouvert. Des écritoires sont installés dans les rues, les places et les jardins, invitant le public à écrire des lettres manuscrites.

Le festival accueille des auteurs français et internationaux pour des lectures, des rencontres et des débats. C'est devenu l'un des rendez-vous littéraires majeurs de la rentrée en Provence, attirant environ 30 000 visiteurs sur quatre jours.

Lire Giono avant de venir

Pour profiter pleinement de la visite, quelques lectures recommandées :

  • « Colline » (1929) : le premier roman, ancré dans les collines au-dessus de Manosque. Court, puissant, tellurique.
  • « Jean le Bleu » (1932) : autobiographie romancée de son enfance manosquine. Le meilleur guide de la vieille ville.
  • « Le Hussard sur le toit » (1951) : le chef-d'œuvre, épopée romantique dans la Provence du choléra. Manosque y apparaît sous le nom de la ville assiégée par l'épidémie.
  • « Que ma joie demeure » (1935) : hymne à la vie paysanne, au plateau de Valensole.

Giono est un écrivain qui se lit mieux quand on connaît ses paysages. Et réciproquement, les paysages prennent une tout autre dimension quand on a lu Giono. Manosque sans Giono serait une jolie ville provençale. Avec Giono, elle devient un lieu littéraire majeur.

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